POUR LE DEVELOPPEMENT ET UN NOUVEAU VISAGE DE L'AFRIQUE

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Contexte
     Depuis 2003, les principales activités menées dans ce programme concernent la scolarisation des orphelins et enfants vulnérables, l’appui aux jeunes déscolarisés, la formation en informatique et des interventions liées à la décentralisation. Jusqu’à aujourd’hui, il est possible d’affirmer que tous les objectifs du programme sont actifs, mais toutefois, il reste encore beaucoup de chemin à franchir avant de pouvoir permettre une éducation pour tous, une démocratie à la base et de  favoriser une prise en charge des bénéficiaires par eux-mêmes.
     Au Bénin, l’accès à l’éducation pose encore problème aux plus démunis.
L’accès à l’emploi est aussi difficile dans certains domaines. Du fait de la démographie galopante et de la crise économique généralisée, une grande partde la jeunesse est laissée pour compte et le taux de chômage est très élevé.

    Au niveau civique, le processus de décentralisation est en cours, devant rapprocher les instances de décisions des citoyens. Soixante-dix-sept communes ont été créées et ont établi leurs plans de développement communautaire, vis-à-vis desquels la population est amenée à s’impliquer.
Ce programme a pour objectif de promouvoir l’éducation pour tous et la démocratie à la base et de  favoriser la prise en charge des bénéficiaires par eux-mêmes, à travers la scolarisation des enfants vulnérables
.

La scolarisation des Orphelins et Enfants Vulnérables (OEV)
Scolariser un être humain, c’est lui donner la possibilité d’avoir accès à une instruction certaine et lui permettre d’assurer le plein développement de toutes ses facultés,

 

Eugène Djidjoho AGUEMON
Directeur Exécutif

Entretien réalisé par Eugène ALLOSSOUKPO et Martin TOSSOU
intellectuelles, sociales, affectives, etc. Le but de l’éducation est donc d’offrir un cadre idéal aux personnes en général et aux enfants en particulier de pouvoir exprimer tout leur potentiel, grâce aux conditions existantes autour d’eux : conditions de respect, de dignité , de responsabilité et de tolérance. Ce droit à l’éducation est reconnu aussi bien par la Déclaration universelle des droits de l’Homme, consacré par l’article 13 du Pacte international relatif aux droits sociaux, économiques et culturels que par la convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant en ses articles 28 et 29.
De plus, l’enfant, étant par définition au centre du développement de la société humaine, la scolarisation de la petite enfance est un enjeu majeur pour l’humanité. Mais, le droit à l’éducation présente de multiples facettes. Certains enfants notamment les orphelins et enfants vulnérables (OEV) sont malheureusement discriminés par rapport à la jouissance de ce droit. D’ailleurs, pour être plus complet, le Comité des droits de l’enfant, organe chargé de contrôler l’application de la convention des Droits de l’enfant dans les 192 Etats parties a recensé plus d’une trentaine de sortes d’enfants vulnérables et susceptibles d’être privés du droit à l’éducation. Ce sont entre autres les enfants abandonnés, les enfants des rues, les enfants handicapés, les enfants victimes de trafics, les enfants travailleurs, les enfants nomades, les enfants demandeurs d’asile, les enfants soldats, etc. Cette situation d’exclusion de la scolarisation consolide malheureusement leur statut de vulnérabilité et fait d’eux d’éternels dépendants. L’ONG Action Sociale en s’inscrivant dans la scolarisation des orphelins et enfants vulnérables ambi tionne de réduire les inégalités en matière d’éducation. En ef fet, cette initiative de scolarisation des OEV les arrache d’une myriade de conséquences négatives telles que la vulnérabilité au VIH/SIDA, la pauvreté, l’héritage d’analphabétisme, la mauvaise estime de soi, le rejet social pour ne citer que ceux-là. Depuis l’année 2001, Action Sociale s’investit dans ce volet avec plus de 3.076 enfants scolarisés. Et à titre illustratif, au cours de l’année scolaire 2006-2007, Action Sociale a pu mettre à la disposition de 1. 135 OEV des fournitures scolaires, des tissus Kaki et des frais de scolarité ( avec l’appui de l’UNICEF pour 672 OEV, Orphelins du Sida International pour 54 OEV, Domitille de la Gorge de Londres pour 87 OEV et le reste des OEV sur fonds propres de l’ONG) afin de faciliter et permettre l’effectivité de la rentrée et le suivi régulier descours à ces enfants. Aussi, des séances de renforcement sont-elles organisées à l’intention
de certains enfants au niveau de l’ONG, surtout pour aider les enfants en classe d’examen. A ce niveau, suivant une planification bien définie, les animateurs exécutent les matières d’enseignement des établissements. Ces visites nous ont permis de noter une amélioration du niveau de presque tous les enfants; une amélioration de leur rendement scolaire et une prise de conscience de certains enfants. Mais, les difficultés financières de l’ONG limitent nos actions de prise en charge. S’il est vrai que le Bénin a adopté de nouvelles stratégies pour promouvoir l’Education pour Tous en abolissant les frais de scolarité (rejoignant ainsi des pays tels que le Malawi, la Tanzanie, ; ,le Rwanda ou encore l’Ouganda), les parents restent par contre confrontés aux frais apparentés .En effet, ces frais que constituent l’achat des livres, d’uniformes, de transport, les repas et les contributions communautaires sont des charges plus lourdes que les frais d’inscription proprement dits. Il revient donc aux gouvernants de prendre leur responsabilité en protégeant davantage les enfants vulnérables c’est-à-dire ceux que ce lourd fardeau éjectera du système scolaire. Les gouvernements se doivent d’abolir aussi bien les frais de scolarité que les frais apparentés pour mettre en place une scolarisation primaire gratuite et obligatoire pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en ce qui concerne l’éducation. L’instauration de programmes «repas scolaires » gratuits à travers des cantines scolaires contribuera à attirer les enfants démunis à l’école et à réduire les

disparités dans l’accès à l’éducation.
Les organisations de la société civile jouent leur partition avec les faibles moyens dont elles disposent et l’Etat devra les accompagner en augmentant ses dépenses destinées à l’éducation universelle de base pour tous les enfants du Bénin avec un regard attentionné pour les orphelins et autres enfants vulnérables.

LA CHERETE DE LA VIE AUX PORTES DES FAMILLES D’ACCUEIL
Le « panier de la ménagère » est confronté depuis quelque mois à une flambée sans pareil des prix des vivres sur tous nos marchés. Une situation que ressentent les populations béninoises en général et les familles à faibles revenus en particulier. Or, c’est dans cette dernière catégorie que se classent nos nombreuses familles d’accueil qui offrent un toit, une garantie de rations alimentaires appropriées et la chaleur familiale indispensables à l’épanouissement aux Orphelins et Enfants Vulnérables (OEV).
Au Bénin, on dénombre plusieurs milliers de familles d’accueil qui ont à leur charge des OEV.